Des pompes à chaleur installées au pied des avions


02.07.2019



L’aéroport de Genève s’équipe mi-juin de 17 pompes à chaleur autonomes sur son tarmac. Objectif: rafraîchir ou chauffer les avions avant le décollage. Ce nouveau système permettra de faire d’importantes économies d’énergie.

En fonction des saisons, les aéronefs ont besoin de s’approvisionner en air chaud ou en air froid avant de s’envoler. Comment? Via des tubes enterrés sous le tarmac de l’aéroport de Genève que l’on raccorde directement aux appareils. « Les installations actuelles sont anciennes et les tuyaux ont perdu de leur étanchéité avec le temps », explique Fabio Bernardo, chef de projets en génie climatique. Résultat: la qualité de l’air injecté dans les avions n’est pas satisfaisante. 

Autre problème: les infiltrations d’eau ou de dégivrant peuvent provoquer des odeurs désagréables dans les avions, ce qui n’incite pas les compagnies à utiliser ce système. Enfin, les centrales de production de froid négatif actuellement en place sont extrêmement énergivores. « Pour être opérationnelles, elles doivent maintenir le réseau à température et donc fonctionner en permanence, même si aucun avion n’est connecté », ajoute Fabio Bernardo. 

Moins d’énergie, moins de kérosène, moins de bruit

L’installation de 16 pompes à chaleur air/air autonomes*, au droit de chaque passerelle d’embarquement, a démarré mi-juin et devrait durer un mois et demi. Elles viennent s’ajouter au prototype installé en 2017. Leurs avantages? Elles consomment beaucoup moins d’énergie puisqu’elles fonctionnent uniquement le temps de l’approvisionnement. De plus, les avions n’ont plus besoin d’utiliser leurs turbines auxiliaires de puissance comme par le passé, ce qui permet de réduire le bruit émis sur le tarmac et de diminuer leur consommation de kérosène. 

Les pompes à chaleur sont aussi plus faciles à utiliser par les équipes sur le tarmac. En effet, l’air est acheminé via un nouveau tube télescopique que l’on déploie à hauteur d’homme avec une télécommande et non plus en ouvrant une trappe au sol. Enfin, les passagers et l’équipage bénéficient d’un air de meilleure qualité. Les compagnies aériennes pourront utiliser ces pompes à chaleurs autonomes dès le mois de novembre, après quelques mois de réglage. 

*La pompe à chaleur air-air utilise les calories de l’air extérieur pour chauffer ou rafraichir les avions.