Genève Aéroport capte ses polluants sur la piste


20.05.2019

Le bassin du Vengeron a passé avec succès son premier hiver. Durant plusieurs mois, il a intercepté les résidus de dégivrants projetés sur les avions avant qu’ils ne puissent être rejetés dans le ruisseau tout proche.  

De l’extérieur, le bassin de rétention du Vengeron est totalement invisible. Il faut pourtant imaginer, accolé à la route Colovrex, un espace de stockage aussi grand que quatre piscines olympiques creusé à une quinzaine de mètres de profondeur. Mis en exploitation en janvier 2019 après deux années de chantier, il vient de passer avec succès son premier hiver.  Zoom sur un projet environnemental essentiel à Genève Aéroport.  

Concrètement, le bassin du Vengeron est un gigantesque compartiment de 9'500 m3 dont la construction se chiffre à plus de 25 millions de francs. Sa vocation est de recevoir les eaux contaminées de l’aéroport et être ainsi en conformité avec l’Ordonnance sur la protection des eaux durant l’hiver. En effet, à cette période, les avions doivent être régulièrement dégivrés avant décollage pour éviter toute formation de glace. Un mélange d’eau et de propylène glycol est ainsi giclé sur les appareils. Lorsque ceux-ci roulent puis décollent, une partie des produits de dégivrage s’écoule sur la piste et se déverse dans le réseau d’évacuation de l’aéroport. 

Protéger le cours d’eau

« Jusqu’à l’année dernière, ces substances aboutissaient dans le ruisseau du Vengeron, situé en aval de l’aéroport et donc par ricochet dans le lac Léman. Les produits de dégivrage se biodégradaient mais ils nuisaient à la bonne santé du cours d’eau. Désormais, un réseau de collecteurs et un bassin de rétention interceptent les eaux polluées », explique Emily Tombet, cheffe de projets environnement à Genève Aéroport.

Celles-ci sont stockées sur place puis envoyées vers la station d’épuration des Services industriels de Genève, située à Aïre. Au total, 27’700m3 d’eaux ont ainsi été traités depuis sa mise en exploitation. « Nous sommes en phase d’apprentissage et il nous faudra encore un peu de temps pour maîtriser parfaitement l’exploitation du bassin. En globalité, la mise en service et les premiers mois d’exploitation se sont bien déroulés », estime Françis Graber, chef du service entretien et opérations hivernales. 

Voilà pour la saison d’hiver. « En été, le bassin sert aussi à réguler le débit en cas de fortes pluies pour éviter tout risque de débordement du cours d’eau », ajoute Emily Tombet. Tout au long de l’année, il permet également de réduire l’apport de particules en suspension dans la rivière. En cas d’accident sur la piste, il a aussi pour mission d’intercepter une pollution accidentelle telle qu’une fuite de kérosène.