La canicule déplace le bruit des avions


24.08.2012

Les fortes chaleurs de ces derniers jours ont modifié les performances des avions lors des phases de décollage et de montée, avec pour conséquence de déplacer le périmètre des zones dans lesquelles les riverains entendent le bruit.

La canicule enregistrée ces derniers jours à Genève a été particulièrement ressentie par ceux des collaborateurs de la plate-forme qui travaillent sur le béton du tarmac, où les températures ont parfois dépassé les 40°C. Soucieuses du bien-être des personnels travaillant en extérieur, les autorités aéroportuaires ont régulièrement procédé à des distributions d’eau pour les aider à se rafraîchir et lutter contre la déshydratation.

Cette chaleur a par ailleurs eu une incidence sur le périmètre géographique dans lequel le bruit des avions est ressenti par les riverains autour de la plate-forme aéroportuaire.

Ceci s’explique par des principes physiques.
Lorsque la température est élevée, la performance des réacteurs diminue. En clair, les avions volent moins vite et montent donc moins vite, de sorte qu’ils volent plus bas au décollage.
Après le décollage, les aéronefs doivent inscrire leurs trajectoires dans un circuit déterminé qui diffère selon leur destination et l’état du trafic. Chacun de ces circuits dessine une «route» dans le ciel, ponctuée de points que les aéronefs doivent survoler à des altitudes minimales.

Les avions ayant un taux de montée inférieur en période de canicule, ces altitudes sont atteintes plus tard, de sorte que les virages peuvent être différés par rapport au sol, avec pour incidence de déplacer le périmètre dans lequel les nuisances sonores générées par les avions sont perceptibles.

Les habitants de certaines communes ont ainsi pu penser que les trajectoires de décollage avaient été modifiées, ce qui n’est pas le cas. Le retour à des températures normales permettra de réinscrire le bruit des aéronefs dans le périmètre et l’enveloppe qui leur sont dévolus.

Pour information, les autorités aéroportuaires travaillent en étroite collaboration avec les services de navigation aérienne (Skyguide) et les compagnies aériennes afin que les mouvements d’aéronefs (atterrissages et décollages) génèrent toujours le moins de nuisances possible sur un périmètre le plus restreint possible.

Au titre des techniques mises en oeuvre, en conditions normales, les pilotes cherchent à décoller le plus vite possible sur la longue piste (puissance importante) et adoptent le taux de montée le plus élevé possible. En faisant aller les avions très haut très vite, on contient le bruit le plus important dans le périmètre aéroportuaire. Une fois que les aéronefs ont quitté ce périmètre et survolent des régions habitées, les pilotes réduisent le taux de montée (en enlevant de la puissance), de sorte qu’ils génèrent moins de bruit tout le temps que ce dernier est perceptible depuis le sol. Une fois une altitude plus haute atteinte, ils peuvent remettre de la puissance sans que ce soit perceptible à l’oreille depuis le sol.