Politique Aéronautique de la Suisse: non à une politique centrée sur Zurich!


30.04.2006

Le Département de l’Economie, de l’Emploi et des affaires Extérieures (DEE) et l’Aéroport International de Genève (AIG) communiquent:

Suite à la mise en consultation par le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication, le 26 juillet 2004, du Rapport sur la politique aéronautique de la Suisse, le Canton de Genève et l’Aéroport International de Genève estiment que ce projet est par trop le reflet de la situation de crise que traversent SWISS ainsi que les aéroports de Zurich et de Bâle, et privilégie notamment l’aéroport de Kloten, dont les installations sont surdimensionnées, alors que celles de Genève sont parfaitement adaptées à l’augmentation régulière de son trafic passagers.

A la lecture de ce rapport, quelques remarques doivent être faites:

  • S’il est évident que la Suisse, pays exportateur et récepteur de touristes, a besoin de liaisons aériennes directes continentales et intercontinentales, la qualité de ce réseau ne passe pas nécessairement par l’établissement d’un hub sur un aéroport suisse. Il convient de rappeler à cet égard qu’un hub est un concept d’exploitation d’une compagnie aérienne et non d’un aéroport.
  • L’infrastructure de l’aviation civile – en particulier les aéroports – doit bénéficier de la qualification « d’utilité publique », par analogie avec les infrastructures des transports routier et ferroviaire.
  • La Confédération doit veiller au respect de l’égalité de traitement. Tout d’abord entre les divers modes de transport: pour les transports routier et ferroviaire, les indemnités et frais d’insonorisation des riverains sont supportées par la Confédération, alors que les aéroports les financent entièrement. Entre les trois aéroports nationaux (Bâle, Genève et Zurich) ensuite: les distinctions faites par le Conseil fédéral dans le cadre du Plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique doivent être revues.

Enfin, les motivations pour la prise de compétences par la Confédération sur les aéroports nationaux vont à contre-courant de la tendance mondiale visant à laisser une plus grande autonomie aux aéroports. Selon le précepte «qui commande paie», peut-on être sûr que la Confédération aurait les moyens d’exercer des compétences accrues? Les statuts juridiques actuels, très différents, des trois aéroports nationaux leur garantissent la liberté d’action indispensable à l’exploitation de véritables entreprises aéroportuaires, remplissant leurs obligations à l’égard de la communauté nationale.